Social Media & Society

Publié par Laurence le Thursday, 11 July, 2013 @ 4:08 pm

Les 14 et 15 septembre prochains, je serai à Halifax pour la conférence Social Media and Society (et visiter mes neveux et leurs parents qui y vivent!). Ma communication, intitulée “Working on my online cred: A case study of Quebec women’s blogging”, sera présentée sous le thème “Online Communities”.

Essentiellement, je me baserai sur des données tirées de ma recherche doctorale pour explorer comment les participantes rencontrées se servent de la plateforme des blogues pour construire, maintenir et déployer/afficher leurs liens sociaux, lesquels peuvent exister principalement en ligne ou hors ligne. En me basant sur le concept de compétence sociale (social competence, Bortree 2005, Dominick 1999), lequel j’associe à la online cred (crédibilité en ligne), je me pencherai sur l’importance des liens construits et déployés afin de construire une identité de blogueuse digne de confiance (et donc à lire, à suivre, à référencer). Je compte également explorer les difficultés liées à la construction de la crédibilité en ligne, puisque via les médias sociaux, nos différents publics et nos différentes identités peuvent se retrouver en un même endroit, exposant potentiellement nos propres contradictions et/ou donnant accès à des composantes de notre identité jusque là méconnues de certains membres de nos réseaux (Walker Rettberg 2008).

La conférence, qui aura lieu à l’Université Dalhousie, vise à regrouper des expert-e-s provenant du monde des affaires, des universités et du secteur public afin d’étudier les effets des médias sociaux au sein de nos sociétés et de partager des exemples de meilleures pratiques. Un coup d’oeil au programme permet de constater que des collègues d’universités canadiennes et britanniques y seront, ainsi que des chercheurs d’universités et de centres de recherche situés aux États-Unis, en Grèce, à Hong Kong, en Arabie Saoudite, en Norvège, au Portugal, au Brésil, en Allemagne, en Égypte, en Turquie, en Espagne… Les sujets de recherche sont fascinants et, j’imagine, les occasions d’échanger le seront tout autant.

Les personnes intéressées à participer à la conférence (bien qu’il soit trop tard pour soumettre une communication) peuvent encore s’inscrire (en anglais seulement) - les tarifs sont réduits jusqu’au 1er août.

Références:

· Bortree, Denise Sevick (2005), ‘Presentation of Self on the Web: an ethnographic study of teenage girls’ weblogs’. in Education, Communication & Information, 5 (1), pp. 25-39

· Dominick, Joseph R. (1999) ‘Who do you think you are? Personal home pages and self- presentation on the World Wide Web’, in Journalism and Mass Communication Quarterly, 76(4), pp. 646–658.

· Walker Rettberg, Jill (2008), Blogging. Cambridge: Polity Press, 176 p.

Critical Creativity Theories Through the Lens of Gendered Spaces

Publié par Laurence le Friday, 14 December, 2012 @ 3:00 am

Voilà le titre de la conférence à laquelle je participerai, ce mardi (18 décembre 2012), à l’Université d’Ottawa. Organisée avec le soutien du Département de sociologie et d’anthropologie de l’Université d’Ottawa et de l’Association étudiante des cycles supérieurs en sociologie et anthropologie uOttawa (AÉCSSA), cette conférence fait suite à un panel auquel j’ai participé, avec des collègues, lors de la conférence annuelle de la National Women’s Studies Association.

Ces collègues, ce sont Anabel Paulos et Virginie Mesana, toutes deux doctorantes à l’Université d’Ottawa, Shirly Bahar, doctorante à l’Université New York, et Dr. Lise Boily, professeure au Département de communication de l’Université d’Ottawa. Nous nous retrouverons toutes, encore une fois et pour notre grand plaisir, à Ottawa, pour pousser notre réflexion encore davantage et échanger avec les collègues, ami-e-s et autres curieux et curieuses qui viendront assister à cette conférence.

Celles et ceux qui seraient intéressé-e-s à assister à cette conférence peuvent jeter un coup d’oeil à cette affiche, produite par la talentueuse Virginie Mesana:

Poster

Au plaisir!

L’usage de la métaphore domestique dans la pratique de blogueuses Québécoises

Publié par Laurence le Thursday, 10 May, 2012 @ 1:13 pm

“L’usage de la métaphore domestique dans la pratique de blogueuses Québécoises”, voilà le titre de la communication que je présenterai demain, au 80e Congrès de l’ACFAS (Montréal). Ma communication se résume dans ces lignes:

“La métaphore domestique, visant à illustrer des phénomènes en sciences sociales et humaines (notamment Hochschild 2003 [1983]), demeure inusitée lorsque appliquée à internet. En dépit de l’utilisation croissante d’internet dans la sphère privée, il est perçu comme l’outil par excellence de la sphère publique dans la modernité avancée. Quoiqu’il en soit, les 23 blogueuses rencontrées dans le cadre de cette recherche n’hésitent pas à parler de leur chez-soi virtuel. À l’aide de données tirées d’entrevues, de visites à domicile et d’une exploration de leurs blogues, cette communication explore l’usage d’une telle métaphore et la confronte aux réalités vécues. L’idéal d’une chambre à soi (Woolf 1929) virtuelle est d’abord présenté, où les participantes parlent d’un chez-soi confortable, sécuritaire et où elles auraient un contrôle quant à la décoration et la teneur des propos. Toutefois, la réalité comporte des difficultés, ayant pour effet d’exposer une contradiction majeure : alors que les blogueuses cherchent un lieu où réaliser l’idéal domestique, elles sont notamment confrontées à une réalité où elles ne sont pas protégées d’abus provenant de visiteurs hostiles à leurs écrits.”

Vous êtes à l’ACFAS? Venez me dire bonjour! Je serai là:

Domaine de recherche 404 - Médias, communications et information

13 h 00 - 16 h 30
Le social : entre le réel et le virtuel
Communications orales
Présidence/animation : Yvon LEMAY Université de Montréal
Bâtiment – Local : Palais des congrès – 515C

En préparation pour la soutenance.

Publié par Laurence le Monday, 2 January, 2012 @ 2:54 pm

Le temps file. Le 10 octobre, j’écrivais mon dernier billet ici. C’est aussi vers cette date qu’on m’indiquait que la soutenance de ma thèse aurait lieu le 6 janvier 2012.

Entre-temps, j’ai effectué quelques contrats, ici et là. J’ai décroché d’autres contrats, dont un comme chargée de cours à l’Université du Québec en Outaouais (dès janvier, j’enseignerai “Méthodologie de la recherche qualitative” au campus de St-Jérôme) et un autre auprès de la Maison Interlude House, pour un projet de recherche, qui débutera également en 2012. J’essaie depuis ce temps, tant bien que mal, d’écrire des articles à soumettre à des revues scientifiques. J’attends présentement des nouvelles de deux congrès auxquels j’ai soumis des propositions de communications.

Aujourd’hui, 2 janvier, nous sommes donc à 4 jours de la soutenance. Je suis de retour à Brighton pour quelques semaines. J’ai visionné la Good Viva Video, disponible via le portail interne de l’University of Sussex. J’ai lu, relu, et rerelu ma thèse. J’ai noté des questionnements, des coquilles, des forces et des faiblesses de la thèse. J’ai résumé tous mes chapitres sur de petits post-its. J’ai entendu “ça va bien aller” et “personne ne connaît ton sujet aussi bien que toi” de la part de beaucoup d’ami-e-s, collègues et membres de la famille. En novembre, j’ai présenté ma thèse à des collègues de l’Université d’Ottawa et nous en avons discuté pendant quelques heures (merci!). J’ai un rendez-vous avec mes superviseures le 5 janvier pour discuter de la soutenance… What now?

J’essaie de continuer à réfléchir à la thèse. La Good Viva Video, les collègues de l’Université d’Ottawa et mes superviseures Kate O’Riordan et Janice Winship m’ont toutes amenée à considérer d’autres questions qui pourraient être soulevées lors de la soutenance. J’y travaille, tout en essayant d’envisager d’autres questions qui pourraient être soulevées. Avoir ces quelques semaines pour me concentrer presque exclusivement à ma thèse me permet de réaliser à quel point j’ai apprécié le temps passé à y travailler, à rencontrer les blogueuses qui ont accepté de participer à ma recherche, à présenter des idées et résultats lors de conférences… On me dit souvent que la soutenance, c’est l’occasion de discuter de sa recherche avec des spécialistes dans le domaine - j’ai (peut-être, je le concède, étrangement) hâte.

Capsules de l’Institut de recherche et d’information socio-économiques

Publié par Laurence le Monday, 10 October, 2011 @ 1:11 pm

Un petit mot rapide pour signaler aux lectrices et lecteurs de ce blogue les récentes capsules produites par l’Institut de recherche et d’information socio-économique (IRIS), portant sur l’éducation et plus spécifiquement sur le financement en éducation. Inutile sans doute de préciser l’intérêt de telles capsules dans le contexte actuel où de nombreux pays songent à et/ou mettent en place une hausse des frais de scolarité. On pense notamment aux hausses qui ont été adoptées au Royaume-Uni et qui entreront en vigueur dès la prochaine rentrée scolaire, en 2012 (The Guardian propose à cet effet une plusieurs articles intéressants). Il y a aussi les discussions et hausses des frais de scolarité au Québec (dont plusieurs entreront en vigueur, à l’instar de celles prévues au Royaume-Uni, lors de la rentrée de 2012), et ailleurs au Canada…

Le tout nouveau blogue de l’IRIS annonce une série de capsules sur l’éducation (dont plusieurs seraient à venir), et donne accès à des documents d’analyse portant sur les hausses des frais de scolarité. Pour le moment les internautes peuvent entendre des analyses en deux minutes, et moins. Si quelques internautes ont souligné certaines difficultés d’un point de vue méthodologique, et d’autres l’ont fait au niveau de l’argumentaire (une présentation si courte permet - force? - certains raccourcis - suivez ce lien pour connaître la teneur exacte des critiques énoncées), à mon avis, l’intérêt de ces vidéos demeure. Elles permettent de susciter non seulement la réflexion, mais également de préserver l’intérêt du public sur des questions importantes: le financement de (et, conséquemment, l’accès à) l’éducation.

Les capsules de l’IRIS rendues publiques à ce jour sont les suivantes:

Bon visionnement, et bonne réflexion.

Thèse soumise!

Publié par Laurence le Monday, 3 October, 2011 @ 4:10 pm

Laurence et thèse

Et me voilà avec une copie de la thèse entre les mains. Une thèse qui fait 248 pages et qui est maintenant rendue à Brighton afin d’être lue par deux évaluatrices (Alison Phipps et Susanna Paasonen). Il me faudra semble-t-il attendre jusqu’à 3 mois avant de participer à la soutenance, à l’University of Sussex - et en profiter pour revoir ami-e-s, collègues et mes directrices (Janice Winship et Kate O’Riordan).

D’ici là, je participe à quelques projets académiques. J’assiste à un cours de doctorat qui me permet de travailler à la rédaction d’un article (et de lire How to Write your Journal Article in 12 Weeks: A Guide to Academic Publishing Success, par Wendy Laura Belcher (2009)). J’assiste à des conférences et colloques, dont Les citoyens et la ville, plus récemment. Je rencontre des ami-e-s. Je m’efforce à trouver la discipline pour écrire à tous les jours. Je dévore des livres (présentement The Aftermath of Feminism par Angela McRobbie (2009) et le dernier ouvrage d’Eric-Emmanuel Schmitt, La femme au miroir (2011)). Je mange la tonne de muffins préparés alors que j’attendais que la reliure de ma thèse soit prête afin que je puisse expédier les trois copies nécessaires à Brighton. Je m’amuse avec Onora, la chatte d’un couple d’amis que je garde pour quelques semaines. En gros: je me tiens occupée…

Plus de détails sur la thèse, et ses suites, à venir!

Surveillez le dernier numéro de Sociologie et Sociétés (vol. 43, no.1)…

Publié par Laurence le Saturday, 20 August, 2011 @ 3:03 am

Certain-e-s d’entres vous avez peut-être remarqué que j’ai ajouté une page ‘opinion’ à ce blogue (sinon, c’est le temps d’y jeter un coup d’oeil - c’est à la droite de l’écran!).

… Alors que je cherchais à récupérer les articles publiés, je suis tombée sur un article intitulé “La “lolita” et la “sex bomb”, figures de socialisation des jeunes filles. L’hypersexualisation en question”, par Philippe Liotard et Sandrine Jamain-Samson (2011) et publié dans le plus récent numéro de Sociologie et Sociétés, numéro intitulé Pour une sociologie de la mode et du vêtement (vol. 43, no.1 - pages 45-71). Et la raison pour laquelle je suis tombée sur ce récent article, c’est que les auteur-e-s y font référence à ma thèse de maîtrise! Je n’ai pas encore publié d’articles par rapport à cette recherche, mais semble-t-il que ça n’arrête pas d’autres chercheur-e-s, qui ont lu ma thèse intitulée “Les magazines pour adolescentes: qu’en pensent les principales intéressées?”. Oh…

Peut-être serait-ce temps que je me consacre à l’écriture d’un article sur cette recherche? Ou bien s’agirait-il d’une autre manière d’éviter de finir ma thèse de doctorat? Ok, ok, j’y retourne (à la thèse). Mais je reviendrai prochainement, comme je dépose bientôt!

Mondes des femmes - 6 juillet 2011

Publié par Laurence le Thursday, 7 July, 2011 @ 5:22 am

[Commentaires non révisés, photos à venir]

Déjà, la troisième journée d’échanges avec des femmes et des féministes provenant de 91 pays tire à sa fin. Mondes des femmes est une conférence tellement enrichissante et stimulante, ainsi qu’une occasion comme nulle autre de réseauter, d’échanger, d’apprendre et de questionner.

Ce matin, la séance plénière intitulée Abattre les barrières portait sur les défis rencontrés. Animée par Alison Smith, journaliste à la CBC (radio et télévision), y participaient Judith Heumann (conseillère pour le gouvernement de Obama sur les droits des personnes vivant avec un handicap), Mary Simon (présidente de Inuit Tapiriit Kanatami, l’organisation qui représente les personnes Inuites de la région du Nunavik), Malika Hamidi (directrice générale de l’European Muslim Network) et Raewin Connell (sociologue originaire d’Australie et auparavant connue sous Robert W. Connell, elle travaille beaucoup sur les constructions sociales de masculinités - ses contributions portant sur le concept de masculinité hégémonique sont parmis les plus citées dans les études sur le genre et la masculinité). Cette séance plénière était tout aussi intéressante que les deux premières, abordant les parcours de vie et influences qui ont mené les participantes à effectuer le travail qu’elles font aujourd’hui; le rôle de l’éducation comme outil d’émancipation sociale; les conditions nécessaires au changement social; les origines des obstacles au changement (ces obstacles sont-ils intrinsèques aux communautés concernées, ou proviennent-ils de l’extérieur?); les principaux obstacles rencontrés dans leur militantisme…

L’accès à l’éducation comme moteur de changement social et levier ayant le potentiel de réduire les inégalités sociales est le thème que j’ai personnellement retenu des discussions pendant la plénière. Par example, Mary Simon a abordé les difficultés rencontrées par elle et ses frères et soeurs quand est venu le temps de s’inscrire à l’école (de mère inuite et père blanc, ils n’avaient pas de droits à l’éducation dispensée pour les Inuits dans sa communauté). Judith Heumann a parlé des luttes menées par sa mère afin qu’elle puisse aller à l’école (l’école n’étant pas accessible, lorsqu’elle était petite, aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant, Judith n’a pu commencer à fréquenter l’école qu’à l’âge de 9 ans - et de nouveaux défis se sont posés lors de l’entrée à l’école secondaire, à l’université, etc.). Malika Hamidi a discuté de la nécessaire étude des messages de l’Islam, qui contrairement à ce que des extrémistes religieux et nombreux média portent à croire, aurait des textes progressistes par rapport au statut des femmes - l’éducation permettrait aux femmes musulmanes de mieux connaître et faire valoir leurs droits au sein de l’Islam). Finalement, Gaewyn Connell a souligné le pouvoir des institutions scolaires et académiques (l’éducation ayant tant le potentiel d’accroître les inégalités - elle donne l’exemple des gens de classes sociales aisées qui maintiennent ou améliorent leur position sociale et les gens de classes ouvrières qui apprennent que certains emplois leur conviendraient davantage - que de fournir des outils permettant la remise en question de cet ordre social établi). Vous pouvez bien évidemment écouter cette séance en suivant ce lien.

J’ai participé, encore une fois, à deux panels en après-midi: un premier portant sur les nouvelles technologies d’information et de communication (NTICs) et un second portant sur les représentations des femmes musulmanes dans les médias (organisé par mes collègues et amies Anabel Paulos et Virgine Mesana, toutes deux doctorantes en sociologie à l’Université d’Ottawa). Voici quelques brefs commentaires sur les panels d’aujourd’hui.

13.00-14.30: ICTs and Web 2.0: Tools for women’s empowerment

D’abord, une présentation de Ellen Carm et Leikny Ogrim intitulée ‘ICTs: A Potential for Women’s Empowerment?’, qui porte sur les résultats d’une recherche effectuée dans le continent africain et souligne le potentiel des téléphones cellulaires comme moyen d’entrer en communication avec autrui facilement et à peu de frais, afin notamment d’échanger des conseils et de fournir des pistes de solution lorsque l’interlocutrice (ou interlocuteur) fait face à des difficultés. Elles prennent soin de mentioner les effets de la fracture numérique sur la participation des populations au développement et à l’utilisation en général des nouvelles technologies. J’ai notamment appris qu’en Afrique du Sud, les étudiant-e-s d’écoles secondaires seraient en mesure d’utiliser leurs téléphones cellulaires pour consulter Wikipedia (sans que ceux-ci soient très performants, comme naviguer sur internet n’est pas une condition nécessaire), en envoyant tout simplement un message texte à un numéro de téléphone défini. Une réponse est ensuite communiquée, soit par message texte ou enregistrement vocal. Eh bien…!

La seconde communication était présentée par une collègue de la chercheure principale, qui n’a pu faire le voyage au Canada pour assister à la conférence. Le travail de Salome Omamo porte sur l’usage que font les femmes professionnelles du Kenya des NTICs et l’une des conclusions qui nous a été présentée concernait la nécessité de mieux former les membres des parlements qui prennent des décisions quant au développement des NTICs afin que ces décisions prennent en compte les questions de genre.

Enfin, Gemma Richardson a présenté des résultats préliminaires d’un projet pilote effectué dans le cadre de ses études de doctorat sur l’utilisation que font les groupes de femmes et organisations féministes des NTICs et plus spécifiquement des possibilités accessibles grâce au Web 2.0. Après avoir fait état des avantages et des problèmes liés aux média sociaux (incluant Twitter, Facebook, Youtube, etc), elle a présenté les sites d’organismes à but non lucratif (Planned Parenthood, Ipas et la Canadian Federation for Sexual Health) afin d’illustrer l’utilisation des média sociaux, en plus de souligner que ces média ne sont pas utilisés à leur plein potentiel.

Au cours de la discussion qui a suivi ces trois présentations, j’ai appris l’existence de Hootsuite. Vous connaissiez?

15.00-16.30: Representations of Muslim and ‘Diasporic’ Women in Western Society and Pop Culture.

La première présentatrice, Dr. Aliaa Dakroury a présenté les résultats de ses travaux portant sur les débats entourant le port du voile (le Niqab et le Hijab plus spécifiquement) au Canada. Approchant le sujet d’une perspective de droits humains (mentionnant notamment le lien entre la communication comme droit humain et son lien avec l’expression vestimentaire, la convention sur la liberté vestimentaire de France - 1793, la Loi sur le multiculturalisme canadien, etc.), elle souligne ensuite certaines représentations médiatiques du voile et de musulman-e-s (notamment Little Mosque on the Prairie, comme exemple de bonne pratique qui permet de rendre l’Autre plus humain aux yeux du public).

La seconde présentation, avec Anabel Paulos et Virginie Mesana, a porté sur deux films produits par Mira Nair: Mississipi Massala (1991) et How can it be (2008). Considérant les propos tenus par la réalisatrice dans une entrevue, qui affirmait qu’il était de son travail de provoquer, les présentatrices s’interrogent sur ses intentions dans ces films: quel(s) message(s) souhaitait-elle transmettre? Approchant les films sous les angles des relations ethniques/raciales et la imagined homeland, elles suggèrent que les frontières (raciales, géographiques, genrées, culturelles, etc.) sont présentées dans ces films comme étant des éléments rassembleurs.

Enfin, la dernière présentation a porté sur les travaux de Dr. Hadeer Abo El Nagan, présentée par Ms. Mozynah Maher Nofal. Le sujet de recherche portait spécifiquement sur la poésie de certaines femmes Arabes d’Amérique du Nord, afin d’explorer les liens entre les auteures et leurs héritages, dans un contexte post-9/11, où les écrivaines cherchaient à réécrire le soi en opposition aux stéréotypes associés à la diaspora. L’analyse faite par Dr. El Nagan porte à croire que les écrits de ces femmes seraient situés à contre-courant par rapport aux stéréotypes et représentations patriarcales et racisées des femmes musulmanes et celles issues de la diaspora.

Demain est la dernière journée de la conférence. Déjà, j’ai très hâte d’entendre Samhita Mukhopadhyay, éditrice en chef de Feministing. Mais, avant, la journée commencera tôt, avec un panel sur l’intersectionnalité… Je vous en reparlerai demain!

Mondes des femmes - 5 juillet 2011

Publié par Laurence le Wednesday, 6 July, 2011 @ 5:10 am

[Commentaires non révisés et photos à venir]

Une deuxième journée passée à la conférence Mondes des femmes; une deuxième journée riche en rencontres, discussions, découvertes… et militantisme.

D’abord, la plénière de ce matin: animée par Alexa Conradi (présidente de la Fédération des femmes du Québec, FFQ) et avec la participation de Nicole Schwab (féministe, cofondatrice du Gender Equality Project), Danièle Magloire (féministe, coordonatrice de Droits et Démocratie - Haïti) et Waneek Horn-Miller (athlète Mohawk ayant participé aux jeux olympiques de 2000 en water-polo, rendue auparavant tristement célèbre lors de la crise d’Oka, en 1990, lorsqu’elle a été blessée par la baïonette d’un soldat canadien). Le thème de la plénière était intitulé ‘Fracasser les plafonds de verre’, approché par Nicole Schwab de la perspective des femmes et de l’égalité entre les sexes dans le monde des affaires; par Danièle Magloire du point de vue des ‘plafonds de béton’ qui sont plutôt présents en Haïti, où les progrès sont lents (elle mentionna notamment les (heureusement vaines) tentatives gouvernementales d’abolir le ministère de la condition féminine, créé en 1994); par Waneek Horn Miller d’une perspective colonialiste (elle estime que le colonialisme et ses vestiges actuels sont les plus grandes difficultés rencontrées par les communautés mohawks). Cette discussion est, tout comme celle d’hier, disponible sur le site de Mondes des femmes en cliquant sur ce lien.

Dès la fin de cette plénière, nous avions rendez-vous à l’entrée du Centre des congrès d’Ottawa pour une manifestation de solidarité envers les femmes autochtones disparues ou assassinées. Cyberpresse en a fait état alors que la marche était en branle dans un article intitulé Plus de 1 000 femmes sur la colline du Parlement et des photos de l’événement ont été publiées sur Facebook.

J’ai choisi de participer à deux panels en après-midi (au lieu de trois comme hier), puisque je souhaitais travailler un peu sur ma thèse, question de la finir prochainement… Voici mes impressions:

13.00-14.30: Teaching Feminism and Anti-Oppression

Un panel qui m’intéressait beaucoup. Bien que bell hooks n’était pas programme, j’avais en tête certaines de ses contributions, dont Feminism is for everybody: Passionate politics (2000) et Teaching to transgress: Education as a practice of freedom (1994). Je pensais aussi aux suggestions à considérer pour mieux développer mon approche pédagogique…

Malheureusement, je n’ai pas été aussi emballée que je l’aurais souhaité. D’abord, une paneliste que j’aurais beaucoup aimé entendre n’a pas pu venir et j’ai appris cette nouvelle qu’une fois dans la salle. Ensuite, les deux autres présentations faisaient plutôt état de travaux en cours (comment l’une supporte ses étudiantes dans les sciences - ingénierie notamment; et comment les deux autres travaillent à assurer que le genre soit incorporé par des partenaires d’universités du Sud dans l’élaboration de programmes en études post-secondaires), alors que j’aurais bien aimé discuter de stratégies d’action et de bonnes pratiques. Les contributions étaient tout de même intéressantes, mais j’admets que j’aurais préféré une autre structure ou un autre type de panel.

17.00-18.30: Media and ICTs: Women’s Access, Leadership and Networking

Un petit panel - encore une fois, une présentatrice n’a pas pu se joindre à nous - mais, cette fois-ci, ô combien intéressant! D’accord, j’ai un parti pris: il s’agit là d’un thème directement lié à mes intérêts de recherche. Néanmoins, les discussions ont surtout porté sur les médias traditionnels (si on considère que les nouveaux médias sont surtout ce qui est lié à l’ère virtuelle), ce qui n’est plus directement lié à mes travaux de recherche. Mais… peu importe: les discussions étaient tellement engageantes que j’ai l’impression d’avoir beaucoup de sujets auxquels réfléchir (et les nouveaux médias étant partout, je suis parvenue à parler de ma recherche en réponse à une question du public vers la fin du panel, haha!).

D’abord, une présentation par Shari Graydon, chercheure, chroniqueuse et consultante féministe qui nous a parlé de Informed Opinions. Il s’agit d’une initiative visant à amener davantage de femmes informées (smart women est l’expression qu’elle utilise) à participer dans la sphère publique, en rendant leurs opinions et expertises disponibles à un public plus large (notamment par la rédaction de textes pour des journaux, la participation à des panels et entrevues radiophoniques ou télévisées, etc.). Elle a d’abord présenté les résultats d’une étude qu’elle a fait portant sur les contenus de quatre journaux canadiens. Selon ces résultats, une minorité de femmes sont publiées (et, selon les équipes éditoriales des journaux, ceci est dû au fait que peu de femmes envoient des textes d’opinion - de type éditoriaux). Elle a enchaîné avec une discussion de certaines des raisons évoquées par des femmes qu’elle a rencontré pour expliquer cette faible participation (incluant le, mais non limité au, manque de temps) et terminé sa présentation par une discussions de sept raisons-clés qui devraient encourager les femmes informées de prendre plus de place dans la sphère médiatique. Outre la possibilité de dénoncer le sexisme qui prévaut toujours dans de nombreux média (elle présente par exemples des publicités sexistes), elle a aussi mentionné la responsabilité que nous avons de rendre compte et d’exprimer les réalités et préoccupations de celles qui n’en ont pas les moyens. Une présentation qui s’est avérée très engageante, encourageante et inspirante (et qui me porte à réfléchir sur un texte que je pourrais soumettre à un quotidien québécois, tiens…).

Par la suite, Aimée Vega Montiel, de l’Universidad Nacional Àutonoma de México (UNÀM) nous a présenté les résultats préliminaires de sa recherche qui porte sur la participation des femmes dans les média au Mexique (tant la télévision que les magazines et journaux). Le point culminant de sa présentation, de mon point de vue, a été lorsqu’elle a mentionné avoir fait des interventions auprès du gouvernement mexicain afin que des lois et mesures soient instaurées pour remédier à la sous-représentation des femmes dans les média (et ce, notamment au niveau des conseils d’administration et autres instances décisionelles). Le message que je retiens principalement de sa communication est la nécessité de faire de la recherche dont les résultats peuvent être employés pour influencer les politiques publiques.

Enfin, fait amusant lié à la discussion qui a suivi ces deux présentations et au titre de ce panel qui comporte le mot networking (réseautage): l’intervention que j’ai faite au cours de la discussion m’a permis de rencontrer quelques personnes intéressées par ma recherche et qui souhaitent que je leur fasse parvenir des articles dès que j’en aurai publié! Eh bien… et une autre participante, qui est également intervenue pendant la période de discussion, travaille sur son doctorat, qui porte sur l’accès aux technologies internet et la fracture numérique au Mexique… Une recherche à suivre.

Mondes des femmes - 4 juillet 2011

Publié par Laurence le Tuesday, 5 July, 2011 @ 5:02 am

[Commentaires non révisés, photos à venir]

Aujourd’hui était la première journée de conférences tenues dans le cadre de Mondes des femmes (Ottawa, Canada), conférence à laquelle j’assiste grâce au soutien financier de l’Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF - merci!). Je ne présente pas de communication, mais être entourée de femmes inspirantes, confrontée à des réalitées choquantes, portée à réfléchir à des idées prometteuses… voilà une intéressante (et minime) distraction de l’écriture!

La plénière d’ouverture, précédée par quelques discours (dont un particulièrement inspirant de Michaëlle Jean, ancienne gouverneure générale du Canada) a été l’occasion de découvrir des femmes extraordinaires. Sous le thème ‘Briser les cycles d’oppression‘, cette discussion était animée par Joanne St.Lewis, avec les participantes que sont Tanya Tagaq (artiste inuite de Cambridge Bay, Nunavut) , Andrea Smith (professeure en média et cultural studies à University of California, Riverside et cofondatrice de INCITE! Women of Colour Against Violence) et Devaki Jain (féministe, économiste de formation, elle enseignait à l’University of Delhi). La séance a permis aux participantes de discuter de leurs expériences personnelles et de leurs parcours comme ayant guidé leur activisme, des personnes qui les ont influencées au cours de leurs vies, des stratégies qu’elles emploient afin de pallier les défis rencontrés, ainsi que de leurs souhaits, leurs rêves, leurs désirs pour l’avenir.

Si toutes les participantes ont fait des commentaires qui m’ont inspirée et parfois choquée (notamment sur la question des violences faites aux femmes autochtones - violences trop souvent ignorées), je dois avouer que certains des commentaires faits par Andrea Smith ont été particulièrement évocateurs. Elle a notamment parlé de comment nous avons appris à survivre aux oppressions en opprimant d’autres groupes (la stratégie des dominant-e-s serait-elle encore de diviser pour mieux régner?) - par exemple en essayant de faire compétition avec d’autres groupes de femmes pour avoir des subventions, ou de la reconnaissance, au lieu de s’organiser, ensemble, pour combattre les oppressions. Réfléchissant sur ce que l’avenir pourrait nous réserver, elle a indiqué que ‘the future is what we create now’ [le futur est ce que nous créons maintenant]. Absolument inspirante (et mon résumé ici n’y fait aucunement justice - visitez ce lien pour entendre la séance plénière!)!

Par la suite, les participantes à Mondes des femmes ont pu refaire le plein d’énergie en profitant d’un repas offert sous une tente sur le campus de l’Université d’Ottawa (où The Green Door - dont le parlais je crois sur mon blogue végétarien - vendait de la nourriture!), avant de se diriger à une série de panels.

Mon après-midi a été meublé par les séances suivantes:

13.00-14.30: Empowering Non-Status, Refugee, and Immigrant Women Who Experience Violence

Une séance pendant laquelle deux employées de Battered Women’s Support Services (BWSS - Vancouver) et militantes contre les violences faites aux femmes ont discusté des problèmes rencontrés par certaines des femmes qui font appel aux services offerts par BWSS. Elles nous ont notamment présenté un manuel de ressources, produit par l’organisme, Empowering Non-Status, Refugee, and Immigrant Women Who Experience Violence, et ont tenté de déconstruire les préjugés par rapport aux femmes de ces groupes qui sont victimes de violences conjugales - notamment en soulignant que les violences faites aux femmes transcendent toutes les classes sociales, tous les groupes culturels/ethniques/linguistiques, etc. Une séance qui a débuté avec quelques difficultés techniques (que serait une conférence sans de tels pépins?), mais qui a été riche en discussions et présentations de matériel.

15.00-16.30: Représentation et subversion des normes sociales liées à la condition féminine dans la littérature francophone

Un panel dont le sujet se rapproche de mes recherches doctorales, mais avec une attention portée sur les romans québécois. Claudia Labrosse, chercheure postdoctorale à l’University Carleton, a notamment abordé les questions du corps et de la beauté (souvent synonyme de minceur) dans des romans écrits (notamment) par Nelly Arcan, Claire Pontbriand, Francine Allard… et comment certains de leurs textes se terminent avec une critique de ces idéaux de beauté - une prise de conscience de l’impossibilité d’atteindre une beauté soi-disant ‘idéale’ menant parfois à des gestes de résistance. Julie Delorme, chargée de cours à l’Université d’Ottawa, a pour sa part discuté de l’oeuvre ‘Lettres de prison’ de Marie Gagnon. Une auteure dont les oeuvres ne je connais pas du tout (!!), elle semble avoir donné un aperçu du milieu carcéral (milieu où elle a dû vivre cinq (5) années, si je me souviens bien) et des tensions qui y résident.

17.00-18.30: Mettre fin aux cycles de violence

Dans ce panel, il était question de violences faites aux femmes, mais du point de vue de chercheures qui se sont intéressées à ce sujet tel qu’approché (ou négligé) par des gouvernements à l’échelle internationale: Brésil, Canada, Burundi, Congo… Des discussions qui ont porté notamment sur les processus de judiciarisation et les défis rencontrés.

En somme, une journée remplie de discussions vraiment fascinantes et de rencontres très intéressantes. Demain, mercredi et jeudi s’annoncent tout aussi stimulantes… je vous tiendrai au courant! Avant de me reposer pour être prête à réfléchir à de nombreux autres enjeux demain, je tiens à remercier les organisatrices et les bénévoles qui travaillent fort pour que cette rencontre soit des plus productives et agréables. Merci!

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