Aïe, aïe, aïe…

Publié par Laurence le Friday, 21 November, 2008 @ 9:33 pm

Lisant les nouvelles cet après-midi, j’ai appris une nouvelle un peu moins drôle. Le tout est pour l’instant au niveau des ouï-dires, mais il n’en demeure pas moins que la nouvelle, si elle s’avère vraie, est très préoccupante.

Selon Radio-Canada, le blogueur Canado-Iranien Hossein Dekahshan serait possiblement en détention en Iran pour, selon les accusations, avoir espionné l’Iran au profil d’Israël. Citant des sources qui seraient proches du régime en place*, Radio-Canada indique par ailleurs que les inquiétudes quant à la situation dans laquelle se trouve le blogueur seraient exacerbées par le fait qu’il n’aurait pas ajouté de billet sur ses blogues (en anglais, en perse ou son blogue créé à l’intention de son voyage en Iran) depuis plusieurs jours, contribuant aux rumeurs qui veulent que le blogueur ait été placé en détention. Toutefois, tant l’ambassade canadienne en Iran que le Ministère des affaires étrangères du Canada ne sont pas parvenus à confirmer ces informations - ils seraient toujours activement à la recherche de ce citoyen Canadien. Mentionnons que Hossein Dekahshan est renommé dans la blogosphère pour sa contribution à l’émergence d’une blogosphère iranienne et ses écrits critiqués par l’État iranien - il a d’ailleurs été placé en détention dans ce pays en 2005, dû à la nature de ses écrits. Il a immigré au Canada en 2000 et étudiait depuis peu à Londres (Angleterre). Veuillez lire la nouvelle de Radio-Canada pour connaître les détails relativement à sa situation. On peut aussi en apprendre davantage en lisant cet article de Cyberpresse.

Ce n’est pas la première fois que des blogueuses et blogueurs sont victimes d’une forme de répression dû à leurs écrits publiés en ligne - on pensera à la blogueuse étasunienne Dooce qui a perdu son emploi en 2002 dû à son blogue, où elle publiait des histoires sur son lieu de travail. Mais là, la situation (qui n’est certainement pas unique, on s’entend: si j’en parle aujourd’hui, c’est que je viens de lire à ce sujet et que ça m’a choquée et inspirée pour ce billet, ce qui ne signifie pas qu’ailleurs, les membres de la blogosphère ne soient pas victimes de répressions) est quand même plus sérieuse. Parce que non seulement ce blogueur est-il attaqué d’un point du vue intellectuel, dû à ses écrits, mais aussi, son intégrité physique - et sa vie - sont possiblement en danger. Bien que je me garde ici de formuler des jugements à l’emporte-pièce, on conserve tout de même en mémoire le triste sort qui fut réservé en 2003 à Zahra Kazemi

Enfin, je publie ce billet sous toutes réserves, consciente que les sources sur lesquelles Radio-Canada s’appuie ne sont pas mentionnées et conséquemment possiblement fortement biaisées - surtout lorsqu’on réfléchit au processus de diabolisation que plusieurs États (dont les États-Unis) ont entrepris depuis de nombreuses années face aux administrations qui ne leur plaisent pas (on parle de l’Afghanistan, de l’Irak, de l’Iran…). Ceci étant dit, si la situation s’avère réelle, je pense qu’il est important de dénoncer de tels abus et de prendre conscience que si dans de nombreux pays, les gens qui ont les moyens de publier des blogues sont en sécurité relative, cela n’est pas du tout le cas partout dans le monde. Souhaitons que cette situation trouvera un dénouement des plus heureux.

 

*Je m’excuse tout de suite de reprendre ces sources nébuleuses, n’ayant malheureusement moi-même pas de source officielle à citer - on sait qu’on peut faire dire tant de choses à “une source” qui n’est pas nommée: je reconnais et m’excuse de cette faille.

Auto-promotion…

Publié par Laurence le Thursday, 20 November, 2008 @ 5:52 pm

L’Institut d’études des femmes de l’Université d’Ottawa, à laquelle j’étais affiliée pendant mes études de maîtrise, m’a contactée pour que je participe à un atelier portant sur les possibilités de carrières en études des femmes et/ou rapports sociaux de sexe. Bon, comme je suis encore aux études, on m’a demandé de parler des raisons pour lesquelles j’ai décidé de poursuivre des études supérieures en études des femmes/Gender Studies…

Une courte présentation (10 minutes), bilingue, avec 4 autres panelistes. Lundi, le 1er décembre entre 13h00 et 14h30, au pavillon Desmarais de l’Université d’Ottawa. Suite à nos présentations, une période de questions suivra…

L’idée est intéressante. J’ai bien hâte de voir comment le tout se déroulera. Et puis, il s’agit d’une bonne opportunité: réfléchir aux raisons pour lesquelles je fais tout ça. Question de ne pas perdre le fil…

L’information est disponible ici.

Gender Analyzer - pour en avoir le coeur net.

Publié par Laurence le Tuesday, 18 November, 2008 @ 5:48 pm

Plutôt efficaces sur les courriels, les gens derrière Gender Analyzer. Man or Woman - Who is Writing that Blog?. Courriel envoyé hier, réponse reçue hier en soirée. C’est Jon Kågström, le fondateur de uClassify.com, qui a répondu à mon courriel, précisant que le site Gender Analyzer avait été créé par lui et ses collègues, Roger Karlsson et Emil Kågström afin de publiciser leur outil, uClassify.com.

L’outil aurait été créé à l’aide de l’analyse de 2000 blogues trouvés sur Blogspot, répertoriés en fonction du genre identifié dans le profil des utilisateurs. À partir de ces données, des mots ont été catégorisés comme masculins, d’autres comme féminins… et GenderAnalyzer était né. Comme Jon me l’a personnellement indiqué dans son courriel, c’est vrai que la classification est très stéréotypée. Mais ça, on s’en doutait…

Ceci étant dit, Jon m’indique que leurs résultats s’apparentent à ceux de Koppel et al. (2006) et de Herrings et Paolillo (2006) - je n’ai pas encore lus ces articles, je vais donc m’y mettre dès ce soir. Je vous reviens donc (encore une fois) là-dessus…

Gender Analyzer. Man or Woman - Who is Writing that Blog?

Publié par Laurence le Monday, 17 November, 2008 @ 9:26 pm

Entendu par l’une de mes mamans, un reportage à l’émission de la blogueuse Nora Young (Spark - à CBC) qui portait sur une nouvelle gus-gus du web: Gender Analyzer. Man or Woman - Who is Writing that Blog?. Ma curiosité ayant été piquée (et puisque remplir des formulaires est nettement moins intéressant qu’écouter des reportages), j’ai décidé d’écouter voir ce qu’on en dit - et de visiter ce site par moi-même…

Il s’agit en fait d’un bref commentaire - heureusement qu’on retrouve un lien à ce Gender Analyzer sur le blogue Spark - où l’animatrice de l’émission, Nora Young, teste l’engin en y entrant l’adresse URL de ses blogues (Spark et The Sniffer)… pour y apprendre que ses blogues sont identifiés comme étant rédigés par des hommes. De même pour celui de Merlin Mann (43 Folders). Selon ce qu’on apprend au cours du reportage, l’écriture serait l’indice sur lequel cet outil se baserait pour déterminer le genre de l’auteur-e d’un blogue…

J’ai bien essayé avec le blogue de Un taxi la nuit - puisqu’étant un blogue intime, je me disais que je pouvais peut-être jouer un tour à l’intelligence artificielle utilisée (on présumerait possiblement que l’auteur-e de ce blogue serait une auteure, alors qu’en fait, il s’agit d’un homme). Malheureusement, il faut que le blogue soit rédigé en anglais pour qu’il puisse être analysé. Dommage.

Explorant davantage, j’apprend que Gender Analyzer fait appel à un autre outil web, UClassify, pour identifier les textes rédigés par des hommes et ceux par des femmes. Après avoir inséré un exemple anglophone (Dooce), on m’a indiqué que ce blogue est rédigé par une femme - ce qui est vrai. J’ai ensuite pu voir une évaluation faite par les utilisatrices et utilisateurs du site, à savoir si le résultat obtenu était réellement le bon. Les résultats n’étaient pas fameux: sur 9 531 votes au moment où je suis allée visiter, 4 344 personnes indiquaient que le résultat n’était pas le bon (46%) contre 5 187 personnes satisfaites du résultat (54%). Pas fort - ok, disons plutôt que la marge d’erreur est impressionnante.

Encore plus curieuse, j’ai cherché à voir les critères retenus (les mots clés, par exemple) par les gens derrière Gender Analyzer pour voir ce qui est catégorisé comme un blogue rédigé par une femme et ce qui est catégorisé comme un blogue rédigé par un homme… Rien. J’ai donc envoyé un courriel pour en connaître davantage. Dès que j’ai une réponse, je reviens vous en faire part… C’est intéressant, quand même. J’ai hâte de voir si on se fie à des marqueurs stéréotypés et quelle est la vision du genre que les développeurs de ce site peuvent avoir…

Moi, j’avais bien-sûr inséré des mots-clés dans des moteurs de recherche de blogues (Technorati et Google Blog, par exemple) et sur des hébergeurs de blogues (Canalblog, MaBulle, Blogger, etc.) pour trouver les participantes à ma recherche. Des mots-clés comme femmes; filles; journal intime; Québec; blogue intime… etc. Mais il m’est arrivé d’avoir des blogues rédigés par des hommes dans ma liste. Et d’autres qui n’étaient pas des blogues intimes. Et des blogues rédigés par des gens qui ne se trouvent pas - et n’ont possiblement jamais été - au Québec… J’ai dû vérifier tous les blogues identifiés, un part un, afin de vérifier si les critères que j’avais retenus pour la recherche (un blogue intime rédigé par une personne qui s’identifie comme femme et qui écrit à partir du Québec) étaient remplis. Et malgré cela, il m’est arrivé de contacter des blogueuses qui n’étaient pas au Québec. Aussi, comme toute sélection par mots clés, il est indubitable que je passerai à côté de blogues fantastiques qui auraient pu être d’une contribution inouïe à ma recherche. Mais bon, je tâcherai de rendre compte avec le plus de détails possibles de l’échantillonage effectué pour cette recherche…

Des entrevues, d’autres entrevues!

Publié par Laurence le Thursday, 13 November, 2008 @ 7:40 pm

Je suis vraiment ravie de constater la réponse “sur le terrain”. À ce jour, si je compte les trois tests réalisés pour vérifier si mon guide d’entrevue était adéquat et bien compris, je suis rendue à 9 entrevues.

Deux réalisées dans les environs de Montréal, la fin de semaine dernière.

L’une des participantes a aussi commenté, sur son blogue, l’entrevue à laquelle elle a eu la générosité de participer. C’est intitulé “C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule” et en cliquant sur le titre, vous pouvez lire ce que Louloute avait à raconter de son expérience. C’est touchant de lire ce que les bloggueuses ont à dire de leur participation à l’entrevue… c’est aussi très utile, je pense, pour celles que j’ai contactées mais qui ne sont pas encore certaines de vouloir participer…

Bientôt, j’irai dans le coin de Québec… c’est possible que j’y rencontre encore quelques blogueuses. Et j’aurai à retourner à Montréal. Puis n’importe où, où est-ce que les blogueuses contactées qui acceptent de me rencontrer demeurent.

Entre-temps, je poursuis mes lectures - je découvre tant de choses que je n’avais pas imaginées (et j’achète toujours de plus en plus de livres, haha). Je suis aussi un séminaire de maîtrise/doctorat à l’Université d’Ottawa, qui porte sur l’analyse de discours… C’est incroyable à quel point la recherche peut nous mener dans des directions qu’on n’envisageait pas. J’espère que ça ne cessera jamais…