Tellement de nouveaux trucs à lire, auxquels réfléchir…
Publié par Laurence le Tuesday, 28 July, 2009 @ 8:59 am
(mais surtout, ne pas perdre de vue mon objectif principal: terminer mes transcriptions!)
Je suis tombée sur cet article, publié samedi dernier (25 juillet 2009) par le quotidien anglais The Independent: True wife confessions: How women’s real-life stories became the new internet sensation, rédigé par Heidi Scrimgeour.
De mon point de vue, l’un des principaux intérêts de l’article, mis à part la découverte d’une micro-tendance au sein des blogues rédigés par des femmes, est la lecture des commentaires laissés par les blogueuses elles-mêmes, quant à pourquoi elles bloguent à ce sujet. Celle qui blogue sous le pseudonyme de YummyMummy indique que “The real me never really sees the light of day until I blog. My blog allows me to share my experience with a like-minded community.” Le bris d’un isolement senti ainsi que la volonté de réseauter avec d’autres femmes vivant des expériences similaires est une motivation qui transparaît les propos d’autres blogueuses rencontrées par la journaliste, dont MarriedButNotDead qui indique: “So I started my blog as an experiment; a place to order my thoughts and talk at my own pace, and to connect with others in similar circumstances and find out if they felt the same things.” Tuesday Malone ainsi que Ms Scarlett tiennent des propos similaires, tous publiés dans l‘article mentionné ci-dessus.
Au-delà des propos relatés dans l’article, une visite des blogues énumérés par la journaliste a soulevé d’autres réflexions de mon côté, portant sur la dimension éthique de ma propre recherche. Certaines blogueuses ont semblé satisfaites de la tournure de l’article publié par The Independent, alors que d’autres ont été choquées, sentant que leurs propos auraient été mal cités, pris hors contexte ou que l’article (ainsi que la série de commentaires qui ont suivi) dresse un portrait peu élogieux de ces femmes qui bloguent à propos de leur infidélité. C’est le cas notamment de YummyMummy dans son billet Burning Issue et de Ms. Scarlett, qui dans son billet “Opportunity Missed“, publie la lettre qu’elle a fait parvenir à la journaliste Heidi Scrimgeour.
Parce qu’elles bloguent à propos de leur vie privée et parce que certains aspects de leur vie privée ne correspondent peut-être pas aux “idéaux” que certaines personnes peuvent avoir de la vie de couple, du mariage et du comportement que “devraient” avoir les femmes mariées, ces blogueuses, comme les participant-e-s à de nombreuses recherches en sciences humaines et sociales, sont “exposées” publiquement et peuvent faire l’objet des foudres de lectrices et lecteurs en désaccord avec leurs pratiques et opinions. Pour reprendre les propos de YummyMummy, de telles réactions permettent de bien comprendre pourquoi certaines blogueuses choisissent de bloguer sous le couvert de l’anonymat: “No wonder that women feel the need to secretly blog, it would seem even in this modern age, there are still men who would like to see us stoned. ”
Ceci rappelle l’importance, à mon avis, de non seulement prendre toutes les mesures possibles pour préserver l’anonymat de mes participantes - ce que je fais en n’associant pas leurs propos pendant l’entrevue à leur blogue et en m’assurant que toutes consentissent à ce que je révèle l’adresse URL de leur blogue dans mes recherches - mais également de maintenir un dialogue avec elles, même une fois que les entrevues sont complétées, afin de leur présenter comment ma recherche progresse et m’assurer qu’elles n’aient pas l’impression d’être mal représentées dans mes écrits. C’est en partie le rôle joué par le présent blogue. J’espère que malgré ma faible discipline au niveau de la mise à jour de mon blogue, elles sentent que je maintiens encore aujourd’hui ma “part du contrat”.

