Michèle Ollivier

Publié par Laurence le Thursday, 10 June, 2010 @ 8:08 pm

Michèle O.

(crédits de la photo: Université d’Ottawa) J’ai rencontré Michèle Ollivier alors que je venais de m’inscrire à l’Université d’Ottawa, pour ma maîtrise en sociologie et en études des femmes. Ma mère la connaissait déjà, du temps de leur jeune vingtaine, alors qu’elles étaient toutes deux impliquées au sein de groupes féministes en Outaouais. J’avais parcouru son profil sur le site de l’Université d’Ottawa et elle me semblait travailler sur des sujets de recherche qui m’intéressaient. Je suis donc entrée en contact avec Michèle et puis je l’ai rencontrée, à son bureau.

Je me souviens de son sourire, de son écoute, de ses questions, de ses suggestions, de ses anecdotes, de son enthousiasme, de son soutien - tant lors de cette rencontre initiale que lors de nos échanges subséquents. Je me souviens qu’elle était toujours disponible si j’avais besoin d’elle et que si je ne lui écrivais pas ou ne passais pas à son bureau pour une longue période, elle m’écrivait pour prendre des nouvelles, m’offrir son aide. Avec Andrea Martinez, elle travaillait fort pour que je me sente bien encadrée.

Je me souviens qu’à l’automne 2006, elle a passé une session en Angleterre, comme professeure invitée - quelle chance, je me disais! Que malgré la distance, elle m’écrivait bien souvent et répondait toujours à mes questions, me rassurait lorsque je n’étais pas certaine de la direction à prendre avec ma thèse. Dans ses courriels, elle me parlait parfois brièvement de l’expérience de vivre dans ce pays, partageait ses réflexions sur la vie quotidienne, sur son quotidien.

Je me souviens que lorsqu’à mon tour, je me suis préparée pour mon séjour en Angleterre, alors que ma maîtrise n’était pas tout à fait complétée (ok, loin d’être complétée), Michèle s’était inquiétée. Peut-être n’était-ce pas le on moment, peut-être pas tout de suite… Mais elle a respecté que je parte et fidèle à elle-même, elle m’écrivait souvent pour prendre de mes nouvelles, savoir comment je m’adaptais à mon nouvel environnement et vérifier que je travaillais toujours sur ma thèse de maîtrise.

Lorsque je suis revenue en décembre 2007 pour la soutenance de ma thèse, Michèle m’a offert beaucoup de soutien et ce aussi lorsque je suis retournée à Brighton pour continuer mon doctorat et faire les corrections demandées à ma thèse de maîtrise. À mon retour au cours de l’été 2008, pendant ma recherche terrain, j’ai revu Michèle à quelques reprises, elle m’a suggéré des lectures, des cours, m’a transféré des appels de textes et des courriels qui pourraient m’intéresser. Nous nous sommes vues de temps en temps en 2008-2009, jusqu’à ce que je rentre de nouveau en Angleterre.

Aujourd’hui, alors que je dois préparer mes valises puisque je retourne en Angleterre ce soir, j’ai revu Michèle - en fait, j’ai assisté à ses funérailles. Michèle est décédée dimanche dernier, le 6 juin. Depuis la nouvelle de son décès, je me sens bouleversée et je regrette. Je regrette de ne pas avoir gardé davantage contact avec elle, je regrette de ne pas lui avoir dit à quel point elle a joué un rôle important dans mon cheminement - personnel et académique. Je regrette de ne pas avoir pu partager avec elle toutes ces pensées qui traversent mon esprit depuis près d’une semaine.

Puisque les regrets sont inutiles s’ils ne permettent pas d’avancer, je prendrai soin de partager les idées de Michèle, de suggérer la lecture de ses écrits. Je sais qu’outre auprès de sa fille et de ses proches, les enseignements de Michèle vivent dans plusieurs d’entre nous, jeunes chercheur-e-s et féministes qui avons eu l’honneur de travailler avec elle. Merci, Michèle. Pour tout, merci.

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