Table ronde: Hommage au travail intellectuel de la regrettée Michèle Ollivier. Culture, femmes, Internet : réflexions et défis

Publié par Laurence le Friday, 14 January, 2011 @ 11:37 am

Dominique Masson, de l’Université d’Ottawa, m’a fait parvenir cette annonce hier soir, événement dont ma copine Virginie Mesana m’avait glissé un mot la semaine dernière. Il s’agit d’une table ronde organisée par le Département de sociologie et d’anthropologie, en hommage au travail intellectuel de l’une de mes directrices de thèse de maîtrise, Michèle Ollivier. Je vous parlais du décès de Michèle en juin dernier et de mon souhait que ses idées et contributions soient partagées…

Malheureusement, étant de retour en Angleterre pour mon sprint final (je reviens au m’établir que Québec en juin prochain), je ne pourrai y assister. Je constate avec intérêt qu’y seront présentes Virginie, Wendy Robbins de l’Université du Nouveau-Brunswick (qui a cofondé en 1995, avec Michèle, la liste de discussion électronique Policy, Action, Research - PAR-L), Ann Denis de l’Université d’Ottawa (dont je vous parlais ici, mais qui a aussi travaillé avec Michèle, notamment, sur un projet de recherche portant sur l’utilisation, par les Canadiennes, d’internet - dont cet article, par exemple, a été tiré) et Viviana Fridman de l’Université du Québec à Montréal (qui a églement travaillé avec Michèle, à ce que je sache notamment sur les pratiques culturelles et les écrits de Pierre Bourdieu - cet article en est un exemple). Plus encore, le thème de la table ronde, ‘Culture, femmes, internet: réflexions et défis’ semble non seulement fascinant, mais s’inscrit également directement dans mes recherches actuelles. Eh bien…

À celles et ceux qui auront la chance d’y assister - bonne table ronde! À ma copine Virginie, qui y présentera: bonne chance (et tu m’en donnes des nouvelles?)!


Table ronde en hommage aux travaux de Michèle Ollivier

“Stop this slut-shaming” (Laurie Penny - The Guardian)

Publié par Laurence le Monday, 9 August, 2010 @ 3:08 pm

Des amies ont partagé, sur Facebook, un lien menant à cet article publié aujourd’hui sur le site du Guardian: Stop this slup-shaming, par Laurie Penny.

Il s’agit d’un article très intéressant, à mon avis, non seulement dû à la nature du sujet traité, mais également puisqu’il fait écho aux prémisses que j’avais posées dans ma thèse de maîtrise, intitulée “Les magazines pour adolescentes: qu’en pensent les principales intéressées?“. Dans ma thèse, je discutais de la problématique, à mon sens, posée par les discours sur l’hypersexualisation des jeunes filles, qui tenaient comme partiellement responsables cette presse que sont les magazines pour adolescentes. Pour la plupart des études du contenu de cette presse, peu d’études avaient, à ce jour, tenté d’explorer la réception que font les adolescentes du contenu de ces magazines.

Employant le modèle proposé par Stuart Hall, sur l’encodage et le décodage, et plus spécifiquement sa typologie suggérant trois types de décodages possibles (dominante ou hégémonique; négociée; oppositionnelle), j’interrogeais des adolescentes de l’Outaouais (âgées entre 15 et 17 ans) afin de découvrir comment elles se positionnaient face aux contenus de ces magazines (pour la plupart, qui lisaient des magazines tels Cool!; Filles: clin d’oeil; et Adorable).

Dans l’introduction de ma thèse de maîtrise, je discutais les travaux de Bouchard et Bouchard, notamment, qui présentent le contenu de ces magazines comme ayant possiblement des conséquences sur les jeunes filles et les adolescentes, notamment “vulnérabilité accrue à l’image du corps, à la dépendance affective, à l’exploitation sexuelle, etc.” (2005: 12). Je mentionnais par la suite mon inconfort face à de telles discussions, notamment puisqu’elles tendent à nier toute capacité d’action chez les adolescentes elles-mêmes (de là mon désir de rencontrer des lectrices de ces magazines).

Dans son article publié aujourd’hui sur le site du Guardian, Laurie Penny fait le commentaire suivant: “”Sexualisation” is a troubling piece of cultural shorthand. It suggests that sexuality is something that is done to young women, rather than something that they can own and control: that they can never be sexual, only sexualised. This is not a helpful message to send to girls as they begin to explore their sexuality.”

L’intérêt d’un tel commentaire est, à mon avis, que l’auteure souligne comment de tels discours tendent à victimiser les jeunes filles et adolescentes; à leur retirer toute capacité d’action - ce qui me préoccupait d’ailleurs au moment de produire ma thèse de maîtrise. Bien que mes recherches actuelles ne portent plus directement sur cette question, mes intérêts y résident toujours. J’ai d’ailleurs récemment entrepris la lecture de “The Ethical Slut: A Practical Guide to Polyamory, Open Relationships and Other Adventures” (2009 [1997] par Dossie Easton et Janet W. Hardy), qui semble-t-il tend à déconstruire les “normes” actuelles portant sur les sexualités féminines et masculines.

… je sais: sans doute est-ce une distraction par rapport à ma thèse de doctorat, mais une distraction intéressante toute de même.

Références mentionnées:

  • Bouchard, Pierrette et Natasha Bouchard (2005), La sexualisation précoce et la vulnérabilité des filles, in Bouchard, Pierrette, Natasha Bouchard et Isabelle Boili, La sexualisation précoce des filles. Montréal: Éditions Sisyphe, p. 11-23
  • Clennett-Sirois, Laurence (2008), Les magazines pour adolescentes: qu’en pensent les principales intéressées?, thèse de maîtrise [Département de sociologie et d'anthropologie], Ottawa: Université d’Ottawa, 151 p.
  • Easton, Dossie and Janet W. Hardy (2009 [1997]), The Ethical Slut: A Practical Guide to Polyamory, Open Relationships and Other Adventures. Celestial Arts, 296 p.
  • Hall, Stuart (1980), Encoding/Decoding, in Culture, Media, Language. London, Melbourne: Hutchinson et CCCS, p. 128-138
  • Penny, Laurie (2010), Stop this slut-shamming. in The Guardian (9th August 2010), accessible online: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2010/aug/09/stop-this-slut-shaming